Art contemporain

Les nouveaux ensembles, une dominante

Le musée a constitué une collection à partir d’expositions qui ont proposé un regard sur la création actuelle.
Françoise Daniel, précédent conservateur, développe au sein des collections du Musée une section d’art contemporain qu’elle définit ainsi :
Constitution d’une collection d’art contemporain à partir de la politique d’expositions temporaires du Musée axées autour des grands mouvements artistiques du 20e siècle et autour d’artistes concernés par la Bretagne
Une permanence du regard sur la création contemporaine et la peinture privilégiée sont les grandes lignes reprises, affirmées, développées et précisées jusqu’à aujourd’hui, dans un souci de cohérence et de continuité avec l’acquis. Elles trouvent aussi toute leur justification au regard de l’ensemble de la collection de peintures dont la constitution s’est faite à partir d’acquisitions dans les Salons, auprès des artistes ou de dépôts de l’État (le tableau de Boudin, Un grain, peint en 1886 acquis et déposé à Morlaix par l’État la même année) ; de même en 1927 le don des amis de Gustave Geffroy est un nouveau regard sur la peinture contemporaine. Le Musée maintient toujours ce regard sur la création picturale d’aujourd’hui.

Regard sur la création contemporaine

Le musée a constitué cette collection à partir d’expositions qui ont proposé un regard sur la création contemporaine, sur le travail d’artistes vivant en Bretagne (Un ensemble d’œuvres des artistes du Groupe Finistère, Nicolas Fedorenko, Michel Pagnoux, André Léocat, des graveurs comme François Béalu, Roland Sénéca), d’autres concernés ou non par la Bretagne (Camille Bryen, Kapéra, Charles Lapicque, René Duvillier, Daniel Spoerri, François Dilasser, Bernadette Genée, Jean Deyrolle, Yves Ellouët…) et plus récemment, sur des peintres, comme Christian Bonnefoi, Alain Clément, Michel Duport ou Claude Briand-Picard, qui se posent donc la question du tableau dans ses composantes, couleur, volume, forme, support, matériaux, ainsi qu’a pu le montrer la programmation du musée de ces dernières années.

En matière d’expositions et d’acquisition, le Musée de Morlaix propose aujourd’hui essentiellement deux axes principaux. L’un tente dans une certaine démarche anthropologique de mettre en résonance les collections, le site ou le territoire du musée avec la création d’aujourd’hui. La deuxième intention se situe dans le domaine de la peinture actuelle, abstraite, avec des artistes qui se posent la question du tableau, engagés dans une réflexion et un travail sur la peinture, la couleur et le volume.

Regard de l’artiste sur le Musée ou son territoire

La configuration du Musée et l’organisation de ses collections suscitent une approche originale et un intérêt de la part d’artistes qui adoptent une certaine démarche anthropologique, particulièrement dans le regard et la prise en compte des collections anciennes, du musée lui-même ou de son territoire (Daniel Spoerri, Pharmacie bretonne / Fontaines sacrées ; Gérard Traquandi, Le Jeune homme et la mort ; Pierre Pitrou et ses récits photographiques sur la Baie de Morlaix, Guy Lozac’h…).
Quelquefois les deux propositions se retrouvent chez certains artistes, c’est le cas avec Gérard Titus-Carmel (exposition) pour lequel le Cairn de Barnenez (territoire du musée) participe de l’inspiration du peintre, avec Michel Duport (exposition) dont les volumes peints accrochés dans les salles d’ethnographie entraient en résonance avec le décor sculpté du mobilier massif du Léon et du Trégor et aussi avec Bertrand Dorny dont les bois flottés, moissons de mer, sont un rappel symbolique de pratiques locales. Enfin, plus récemment dans le choix de peintres installés sur le territoire du musée ou y séjournant, inspirés par celui-ci ou /et faisant entrer dans leur composition des matériaux naturels (Jacques Burel, Michael Urtz, Norbert Nussle, jean Vaugeois, Nguyen Cam, Bertrand Menguy…).

L’estampe contemporaine, le fonds Béalu

Il faut noter au sein des collections contemporaines, la constitution d’un fonds d’estampes consacré à des artistes pour la plupart desquels la gravure est le principal moyen d’expression, autour de l’ensemble des dons et achats réguliers, depuis les années 1980, d’épreuves de l‘œuvre gravé de François Béalu auquel le musée a consacré en 1996 une exposition rétrospective accompagnée du catalogue raisonné.